Cette manie de la géométrie trouve son explication dans ce gout manifeste de l’équilibre et de l’harmonie tout précisément entre les couleurs et même les matériaux. C’est que Bachir Demnati fuit la forme aléatoire, le geste physique plutôt que rationnel au gré des humeurs.
L’homme adore le trait précis, le chromatisme net et mesuré. Encore faut-il souligner cet intérêt au cercle, ce choix des coins arrondis. C’est un corps que le plasticien imagine en éternel mouvement car, suivant un regard de l’artiste, « le rond se déplace dans l’espace de manière cohérente et précise ».
Ainsi s’explique cette rigueur d’une composition visant «l’accès au cosmos » ou du moins, c’est ce que laisse entendre le peintre lequel semble porté à croire que l’artiste est un être qui vit « au-delà de notre réalité ». Un souci manifeste d’harmonie et d’évasion qui confère à l’œuvre, plutôt qu’une froideur avancée, une certaine lumière, voire même quelque émotion rendue absolument subjective toutefois avec une spontanéité raisonnée mais sereinement contrôlée.
Une quête esthétique au-delà du réel
Lancé dans le pari d’une perfection visuelle dans la réalisation effective de ses œuvre, Bachir Demnati se trouve en pleine recherche que je dirais geométrico-subjective. Les repères du visionnaire ne se limitent guère à une certaine réalité palpable ni même à quelque fantaisie qui relève du délire. Parti d’une idée réelle, il en fait un tremplin pour aller au-delà du réel, dans la logique d’une quêté esthétique qui se révèle chromatique de par la science des couleurs dont le peintre fait usage, géométrique de par ses formes, analytique à voir les compositions d’ensemble, et technique, de toute évidence, vu l’utilisation rationnelle des matériaux et procédés dont le plasticien fait usage. C’est dire qu’on est en pleine réalisation, en plein éclatement de formes qui se traduit par une spontanéité raisonnée et contrôlée comme souligné plus tôt, plutôt qu’une simple réaction purement affective.

